Un phénomène inquiétant. Une récente étude menée par le programme SmartFish sur la filière crabe a permis de démontrer le taux de mortalité des crabes après la capture, qui s'élève à 22%. Cette situation a conduit les responsables publics et des partenaires techniques et financiers à prendre des mesures visant à réduire ce taux à 15% d'ici deux ou trois ans. Des activités visant à améliorer le stockage et le matériel pour les entretiens utilisés par les pêcheurs ont été entreprises. Elles ne nécessitent pas d'énormes investissements pour permettre aux producteurs de les pérenniser à la fin des projets d'appui. « Afin d'atteindre cet objectif, nous avons mis en œuvre des projets qui requièrent des petits fonds, et facile à faire qui ne dépassent pas en moyenne 100 dollars. Les pêcheurs peuvent ainsi assurer la continuité des actions lorsque le programme Smart Fish prendra fin. La construction de caisse, de hangar pour améliorer le stockage et l'entretien figure parmi les dispositions prises », a avancé Zbigniew Kasprzky, expert auprès de la FAO, hier lors d'une conférence au centre de presse Antsakaviro. « La situation est encore bonne. Nous avons encore le temps de gérer la filière », a-t-il poursuivi.

Réforme

La réduction de ce taux de mortalité devrait améliorer la production de crabes et contribuer à l'augmentation des recettes pour le pays et du revenu des pêcheurs. Une hausse de la demande de cette ressource a été observée depuis les trois dernières années, le prix suit aussi la tendance. « La filière crabe est encore sous-exploitée. La potentialité du pays s'élève à 7 500 tonnes par an, or la production ne s'établit qu'à 2 500 tonnes depuis les trois dernières années. L'augmentation de la production ne devrait pas toujours passer par une croissance de la pêche, mais aussi par la réduction du taux de mortalité », confirme pour sa part Tantely Razafindrajery, directeur de la pêche, dans son allocution. Actuellement, le kilo de crabes coûte 1 500 ariary à Mahajamba contre 2 500 ariary, il y a cinq ans. La clientèle chinoise peut même les acheter à 4 000 ariary le kilo. Le revenu d'un pêcheur varie par ailleurs de 150 000 ariary à 300 000 ariary par mois.

Pour une meilleure gestion des ressources, le ministère de la Pêche propose une refonte des textes sur l'exploitation des crabes, et notamment sur la taille autorisée à la capture. Une concertation avec les parties prenantes est en vue, dans le cadre de la rencontre professionnelle de la pêche qui se tiendra du 28 au 30 août à Morondava. « Le texte en vigueur prévoit que les crabes qui peuvent être capturés devraient avoir une carapace mesurant au moins dix centimètres. Cette taille devrait être révisée. Mais toute décision devrait être prise après la concertation de tous les acteurs, notamment les pêcheurs qui connaissent plus la réalité sur terrain », explique toujours le directeur de la Pêche. « Actuellement, les collecteurs prennent surtout les crabes qui ont des carapaces de 12 cm et plus, et les Chinois ne prennent que celles qui ont plus de 15 cm de carapace avec un prix trois fois plus élevé que celui de ceux qui ont 10 cm de carapace », enchaîne-t-il. La protection des mangroves qui joue un rôle indispensable dans la survie de l'espèce et de l'ensemble des produits de pêche ne sera pas en reste.

(Source : L'Express de Madagascar du 23/08/2013)