Etant en transition politique, l’Etat ne programme pas cet appel d’offres mais tôt ou tard, ces blocs seront explorés et probablement exploités. Mais tout comme pour le nickel et l’ilménite, les compagnies d’exploration pétrolières continueront d’importer massivement des compétences. C’est déjà une grosse perte pour les Malgaches. L’année dernière lors des journées sur le pétrole amont à Ivato, Emma Rasolovoahangy, une des rares Malgaches ayant fait des études supérieures en géophysique aux Etats-Unis, a affirmé que 99% des compétences qualifiées utilisées par les compagnies en exploration sont déjà importées. Le secteur offre pourtant un salaire confortable, surtout si l’on est recruté par des majors. La rémunération journalière pour un ingénieur est en moyenne de 1 000 dollars par jour, soit 2 000 000 Ar. Le revenu annuel moyen dans l’emploi salarial est pourtant de 1 388 000 Ar d’après l’Enquête périodique auprès des ménages (EPM 2010). Cet important écart montre à quel point l’opportunité, rien qu’en matière d’emplois, est plus qu’important dans le secteur pétrolier amont. L’on sait que Madagascar a du pétrole depuis plusieurs décennies et jusqu’au groupe mythique Mahaleo a fait une chanson sur le gisement de Bemolanga. Mais aucun programme de formation sur les différents métiers du pétrole n’a été élaboré par les régimes successifs. Pour l’heure, seule l’école supérieure polytechnique de Vontovorona intègre des cours sur le pétrole. ARENA souligne toutefois que ce secteur comporte plusieurs filières comme l’économie pétrolière, le management pétrolier. Il faut donc plusieurs programmes de formation et de spécialisation. L’alliance estime que Madagascar a encore le temps de s’y mettre car les travaux d’exploration durent au minimum 8 ans. Ils sont suivis par les études d’exploitabilité… En réalité, le pays devrait élaborer dès maintenant ces programmes de formation. Il ne devra pas attendre l’exploitation car d’ores et déjà, les travaux d’exploration recrutent à l’étranger pour les compétences qualifiées. Même si le Nigeria est frappé par la malédiction de l’or noir, il faut prendre exemple sur lui en matière de formation. Dans le secteur pétrolier, les postes de cadres supérieurs jusqu’au bas de l’échelle sont occupés par des Nigérians. L’alliance tient donc à inviter les étudiants aux journées d’information à Mahajanga pour les informer sur nos richesses et sur la nécessité pour eux de suivre des études pour l’exploitation optimale de ces ressources.

(Source : La Gazette-DGI.com du 10/11/2011)