Comme chaque année, la pêche aux langoustes est fermée depuis le début de ce mois d’octobre et ce, jusqu’à la fin du mois de décembre. Cette fermeture est nécessaire parce que, suite à la surexploitation, la filière risque d’être menacée à terme. En effet, lors des captures, il n’est pas rare d’observer des langoustes de 15 cm avec des œufs. Or selon l’Institut halieutique des sciences marines (IHSM) de Toliara, les langoustes ne devraient avoir des œufs qu’avec une taille de 18 à 20 cm. Pour les scientifiques, cela veut dire qu’elles développent un reflexe de survie pour l’espèce suite à une probable surexploitation. Et bien que la loi n’autorise que des captures à 18 cm, outre les langoustes avec des œufs capturées par les pêcheurs, ces derniers prennent aussi des langoustes de 12 cm. A Madagascar, les captures de langoustes hors taille sont estimées à 200 t par an, ce qui représenterait une perte équivalente à 3 millions de dollars par an. Pourtant il est possible de procéder à des grossissements sur des sites naturels. On y élève les prises constituées de langoustes de petite taille et celles avec des œufs. Malgré tout, Madagascar possède encore de belles perspectives avec la pêche en haute mer comparé à d’autres pays. Si à Cuba où la pêche en haute mer se développe, une usine traite 3,5 t de langoustes par jour, d’après les estimations de la FAO, la pêche langoustière sur les côtes malgaches est évaluée à 500 t, et peut atteindre les 1.000 t si l’on va un peu plus loin. Mieux, l’estimation fait état d’un stock de 5.000 t en haute mer. Mais la pêche en haute mer exige des matériels performants ainsi que du savoir-faire. Mais toujours est-il que le grossissement constitue une solution pour l’avenir de la filière.

(Source : Les-Nouvelles.com du 04/10/2011)